Le Yoga, dans les Yoga Sutra de Patanjali, propose 8 piliers – les postures (ce que l’on appelle Yoga en Occident – des cours de postures) sont le 3ième pilier (et ne représentent d’ailleurs qu’une phrase dans les Yoga Sutra). Le premier des piliers sont les Yamas – 5 commandements / comportements moraux pour simplifier la vie et élever l’esprit.

Les 5 Yamas du Yoga

Ahimsa – la non-violence

La non-violence peut ici être interprétée de plusieurs manières. Elle peut concerner autant les animaux (menant par exemple à un régime végétarien ou végétalien) que les autres ou même soi-même. Nous oublions souvent que dans une optique de non-violence, nous avons également besoin d’être doux envers nous-mêmes. Patience, compréhension, compassion… La non-violence signifie une bienveillance sur nos 3 leviers d’actions : nos pensées, nos paroles et nos actions.

Satya – l’honnêteté, la vérité

Etre sincère et honnête envers soi-même et envers les autres. On fera ainsi attention à ne pas produire / diffuser des fausses informations, des manquements à la vérité, de tout ce qui est malhonnête. Pour faciliter cela, se mettre à la place de l’autre et lui parler comme on souhaiterait que l’on nous parle. Affronter la réalité même si elle ne nous plait pas.

Asteya – ne pas voler

Au-delà du vol, il s’agit de ne pas convoiter ce qui ne nous appartient pas, ou ce que l’on n’a pas encore. Un Yama parfois difficile à mettre en place dans une société du toujours plus toujours mieux. Mais qui peut permettre d’arriver à un meilleur contentement en n’étant plus insatisfait de ce qui est à l’instant T. Ne pas voler également l’énergie des autres (en étant victime ou dominant). Garder un objet qui ne nous appartient pas. Oublier de rendre quelque chose que l’on nous a prêté (de l’argent par exemple). Il est aussi dit, de manière plus subtilement, qu’on évitera de prendre ce qui ne nous est pas donné – autant demander 😉

Bramacharya – discipline sexuelle

Pour ceux qui se dédient entièrement à l’éveil spirituel à travers le Yoga (“renonçants”), Bramacharya signifiera l’abstinence. Pour les yogi amateurs, il s’agira ici d’une maîtrise de sa vie sexuelle, réalisée en conscience dans l’amour et le respect. L’idée ici est d’admettre que l’énergie sexuelle est une puissante énergie qui, mal utilisée, est une fuite inutile d’énergie. En conservant cette énergie, ou en la maîtrisant, l’énergie sexuelle participe à l’éveil. De manière plus large, il s’agit avec Bramacharya d’être dans la maîtrise de ses sens et de ne pas gaspiller son énergie vitale dans le trop ou le mal (nourriture, sexe, travail, alcool, drogue, jeux…). Grosso modo, modération – sans pour autant fuir les plaisirs de la vie 🙂

Aparigraha – non-attachement

A quoi est ce que l’on s’agrippe ? Nos possessions ? Notre rôle social joué ou choisi ? Des personnes ? Nos devoirs ? Notre image ? Nos caractéristiques ? Finalement, à quoi est-on si attaché qui nous concerne que si nous le perdions, toute notre identité s’en trouverait mal en point ? Nous avons le droit d’être triste lorsque nous faisons face à une perte – mais à quel point cette perte remet en question notre existence, notre estime de nous, notre identité ?

Au-delà d’éviter toute attache, il s’agit plutôt ici de savoir vivre en ayant au quotidien des objectifs, des souhaits tout en évitant de s’attacher aux résultats, aux signes de la réussite de ces objectifs. Savoir profiter et vivre avec ce que nous avons tout en sachant que si cela se terminait du jour au lendemain, nous pourrions continuer à être droit dans nos bottes.

Personnellement, c’est en cultivant l’attachement que je peux savoir ce qu’est le non-attachement. En évitant toute attache, j’étais dans une fuite, dans une forme de névrose de la peur de perdre plutôt que dans le non-attachement. J’avais, finalement, peur de profiter et d’aimer certaines choses / personnes – ce n’est pas le non-attachement, puisque j’étais finalement attachée au fait de ne pas être attachée 😉

 

Ces 5 Yamas constituent ainsi le premier palier du Yoga. Une base sur laquelle les autres paliers vont également croître. S’il est nécessaire de savoir les cultiver, la perfection est ici difficilement atteignable à partir du moment où nous faisons le choix de vivre dans le monde, ou tout du moins avec le monde, sans renoncer à celui-ci. Ils sont ainsi des lignes de conduite, quand on est dans le doute, mais ne doivent pas constituer une tyrannie si vous ne vivez pas dans un ashram au fin fond de l’Inde.

 

Le Yoga nous enseigne que l’amour, et non la honte, est notre pure nature. Sarah Joy Marsh. Hunger, Hope and Healing

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