Pleine Conscience.

On en entend tellement parler que ça devient un terme éculé qui fait bien dans le titre d’un livre qu’on a dans sa bibliothèque mais clairement, personne n’a le temps pour la Pleine Conscience 😉

La concentration que demande une Pleine Conscience peut paraître énergivore. C’est comme parfois/souvent, il est plus reposant de regarder une vidéo sur Youtube qu’étudier un livre. Même si au bout du compte, on sait ce qui nous est le plus bénéfique.

J’en ai éprouvé le pouvoir lors de ma formation Yoga Teacher Training avec Mariza Smith à Chamonix. Nous avons fait une méditation de Pleine Conscience – ou plutôt un “goûter” de Pleine Conscience. Un raisin sec à la main. Fermer le yeux et commencer à vivre une expérience inhabituelle. Ouvrir complètement ses sens au raisin sec. D’abord, le toucher, sentir avec les doigts, la main, la texture, le volume, la température du raisin sec. Puis on l’approche de notre nez. Est ce que l’on sent quelque chose ? Quoi ? Le raisin ? Autre chose ? Puis mettre le raisin au bord des lèvres, le sentir sur les lèvres, sa douceur, ou pas. Puis dans la bouche, avant de croquer. Le faire passer d’un endroit à l’autre, sentir sa présence sur sa langue, s’il a déjà un goût avant même d’être mâché. Et puis finir par mettre le premier coup de croc, sentir le raisin s’ouvrir, son jus, sa matière. Prendre le temps à chaque fois que l’on mâche, de voir ce qu’il se passe, de ressentir l’expérience à 100%. Puis laisser doucement le raisin descendre dans la gorge, essayer de voir le chemin qu’il fait jusqu’à sa descente dans l’estomac. Rester là, les yeux fermés, toujours présent dans ses sensations. Puis finir par ouvrir les yeux.

J’ai fini cette méditation mangée en pleurant.

Ma présence à ce raisin sec m’avait permis de comprendre à quel point j’étais absente à ma vie.

La Pleine Conscience, c’est ça, de l’amour. Et ressentir cet amour est bouleversant. J’ai réalisé à quel point je peux vivre mon quotidien hors de la Pleine Conscience, et donc sans amour. Comment je mange sans amour, comment je parle sans amour, comment je marche sans amour, comment je lis sans amour, comment je bois un thé sans amour, comment j’écoute sans amour.

Il serait mentir de dire qu’à partir de là, j’ai tout fait avec amour. Loin de là. Parfois le coup de massue de se “rendre compte” de quelque chose ne suffit pas à faire évoluer ce quelque chose, quand c’est une habitude, une façon de vivre que tout le monde a et qui est par ailleurs assez valorisé – ou en tout cas on nous incite assez rarement à l’inverse. Je suis la pro pour manger un plat en 4 secondes montre en main (sauf quand il s’agit d’un dessert au chocolat où j’ai tendance à prendre mon temps de manière assez incroyable). Je passe d’un sujet à l’autre, parfois en même temps, sans trop m’en rendre compte. J’écoute en pensant déjà à ce que je vais dire, ou en sachant comment la phrase de l’autre va finir, ce qui fait que je suis déjà ailleurs dans ma tête. Je bois 2 litres de thé sans m’en apercevoir, et je m’ennuie si je n’ai pas 4 projets en tête à la fois. Mais parfois, ce souvenir revient. Je pense pouvoir encore sentir ce raisin sec. Et ma gorgée de thé à une autre saveur.

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